La réputation déjà bien établie du jeune quatuor ne tient pas seulement à sa composition familiale de quatre frères et soeurs, avec respect de la parité s’il vous plaît. C’est la stupéfiante maîtrise individuelle des quatre Girard et leur cohésion dans le jeu et les conceptions esthétiques qui leur ont valu une ascension rapide et l’accueil dans les plus grandes salles, la dernière, il y a quelques jours, étant le Wigmore Hall de Londres. Ce soir c’est au foyer du Théâtre de Colmar qu’on les entend dans un programme qui regroupe trois quatuors romantiques de compositeurs subissant l’emprise de Beethoven. Le parcours est judicieusement entamé par le Quatuor en la mineur op. 13 de Mendelssohn (...) les Girard donnent de ce requiem à quatre une vision d’une vitalité et d’une énergie quasi symphonique dont la franchise emporte d’emblée l’adhésion. La clarté polyphonique, totale, culmine dans des moments comme le fugato du second mouvement. Le parfait contrôle de l’expression joue victorieusement l’économie du vibrato et du cantabile. Une page aussi émouvante que l’ Intermezzo, lumière dans le deuil, n’y perd rien, bien au contraire. Ne craignant nulle difficulté, l’intrépide quatuor a inscrit à son programme le redoutable Quartettsatz où Schubert semble traduire une attitude de défi métaphysique par l’âpreté de l’écriture. Cette fois c’est le niveau de netteté atteint dans les traits les plus vertigineux qui impressionne, autant que la tension dramatique ménagée entre tempête et épanchements réprimés. (...) Quant au bis, le modulant Allegretto emprunté au premier Opus 54 de Haydn, c’est un petit miracle qui montre que le jeune quatuor peut aller ailleurs et très loin.

Christian Fruchart, Les Dernières nouvelles d'Alsace, 27 janvier 2012

 (...) Les jeunes musiciens [du Quatuor Girard] se révèlent en adéquation totale avec [le] Premier Quatuor (1842) [de Robert Schumann], qu’ils magnifient à l’égal de l’un des ultimes quatuors de Beethoven. Dans une grande fluidité, sans la moindre baisse de régime, tout y est – tendresse, énergie, passion, générosité – pour se conclure sur un Scherzo survolté, incisif et inquiet, et un Presto final renversant de virtuosité, de fougue et d’à-propos (...) 

Simon Corley, concertonet.com, 22 juillet 2011

Leur interprétation, lumineuse d'équilibre, d'un des chefs-d'oeuvre du divin Mozart répond au lyrisme profond et voluptueux qui fait la saveur du célèbre quintette à 2 violoncelles de Schubert, enfant chéri du romantisme. 
Rejoint pour cette pièce par le violoncelliste François Salque, soliste qui fait aujourd'hui référence sur la scène internationale, le quatuor Girard entre de plain-pied dans la cour des grands...

Musiques d'un siècle, Avril 2011