Tour de Magie

C’est le cas du quatuor Girard, qui débutait la soirée avec deux mouvements du Quatuor à cordes de Maurice Ravel. Remarquables dans l’écoute mutuelle comme dans le propos individuel, ces jeunes chambristes restituent parfaitement la texture paradoxale d’une œuvre qui souffle le chaud et le froid, à la manière d’un volcan en activité qui serait recouvert d’une banquise retaillée par un maître verrier !

Pierre Gervasoni , Le Monde

Pour le concert anniversaire des 20 ans des Journées Ravel à Montfort-l'Amaury

Quand on peut se laisser porter par une musique qui vous transcende et vous plonge dans des émotions aussi fortes que d'être dans une église, haut lieu de la spiritualité, le bonheur peut dépasser le simple plaisir pour flirter avec une plénitude de l'esprit et du coeur » Et c'est ce qui s'est produit, dimanche, pour une cinquantaine d'auditeurs, quand le Quatuor Girard a brillamment interprété trois quatuors très différents. Constitué d'une grande fratrie, Agathe et Hugues aux violons, Odon à l'alto et Lucie au violoncelle, le quatuor a joué d'abord le quatuor opus 76 n° 5 en ré majeur d'Haydn, puis celui plus « classique » du quatuor à cordes n° 4 en ut mineur, de Beethoven, pour terminer avec brio par le quatuor à cordes n° 4, oeuvre plus contemporaine, aux sonorités spectaculaires, accompagné par de nombreux effets de tous les instruments. C'est sous une salve d'applaudissements que le Quatuor Girard a joué, en rappel, le très émouvant mouvement lent du quatuor n° 1 de Beethoven.

Le Télégramme, 6 mai 2015

Vendredi soir, la vibrante formation de cordes a (...) donné sans compter pour livrer un concert irréprochable. Le Quartettsatz de Schubert ? Lumineux jusque dans ses touches sombres. Le Quatuor n°2 de Bartok ? Nuancé à souhait et livrant ainsi un parfait exemple de la maîtrise instrumentale impeccable dont sont capables les jeunes musiciens. Le Quatuor Razumovsky n°3 de Beethoven ? Une fresque fougueuse qui jamais n'a versé dans l'ostentation, ni cédé à la timidité frileuse au grand maître allemand. À travers ce choix de répertoire, la jeune formation Girard a non seulement permis d'éclairer des facettes historiques et stylistiques majeures de l'art du quatuor, mais aussi fait état sans étale de qualités bien forgées. Depuis un jeu porté par le sensible, mais sans mièvrerie jusqu'à des pans énergiques, mais jamais emportées. On songe notamment au 4 ème mouvement incandescent de Beethoven. Un vrai régal livré pour quelques oreilles chanceuses - et bien inspirées ! - par ces quatre fantastiques…

La Montagne, Julien Bachellerie, 23 Février 2014

Un enregistrement salle Adyar publié par Les Discophiles français? Non, il ne s’agit pas d’une réédition, car les membres du Quatuor Girard n’étaient pas nés lorsque Marie-Claire Alain, Lili Kraus, Marcelle Meyer, Jean-Pierre Rampal, le Trio Pasquier et le Quatuor Loewenguth y étaient publiés. Troisième prix en 2011 au concours de Genève, la formation associe deux frères et deux sœurs et confirme dans cet album l’excellente impression laissée par son concert parisien de juillet 2011. On y retrouve d’ailleurs en grande partie, dans une prise de son à la fois spacieuse et réaliste, le même programme: l’Opus 76 n° 5 de Haydn, plus convaincant encore de vivacité et de fraîcheur, et le Premier Quatuor de Schumann, porté par une fougue toujours aussi volcanique. Dans le Douzième Quatuor («Quartettsatz») de Schubert, les Girard font souffler un ouragan irrésistible, avec lequel même les Ardeo ou les Ebène ne peuvent rivaliser. Non exempte de débordements, cette énergie devra toutefois être quelque peu canalisée, mais ce disque n’en demeure pas moins revigorant et réjouissant (DF 228). SC

Concertonet.com, 15 décembre 2012

Puisque le jeu du quatuor à cordes est de parler d'une voix, d'une seule, l'entreprise n'est-elle pas plus aisée lorsqu'on est frères et sœurs ?
Un jour, la fratrie Girard a osé le quatuor.

Rapidement, Hugues et Agathe aux violons, Lucie au violoncelle et Mayeul à l'alto font tendre l'oreille aux amateurs les plus avisés. Ce premier disque les révèle. Il est superbement produit en haute-définition par les animateurs d'un label ressuscité, légendaire : Les Discophiles Français.

C'est suffisamment donner la mesure du défi, et celui de notre enthousiasme pour ces jeune gens bourrés de talent et de joie de jouer. Nous nous sommes interdit sur Qobuz le terme "coup de cœur"
Mais cette fois oui, c'est un gros coup de cœur. Qobuzissime !

Qobuz Magazine, 21 novembre 2012

(...) The Girard Quartet (...) is formed entirely of Girards, and I gather there are five more at home. It is easy to put the members' unanimity of ensemble down to their familial closeness, but there was extraordinary singularity and shared purpose to their playing as they opened Haydn's op.76 no.5 in D major with elegant simplicity and continued with genuine authority. They are also extremely good -the finale hared along. Schumann's A minor Quartet op.41 no.1 was beautifully paced and shaped, with a natural ebb and flow. After a powerful account of the Akshelyan, I left the day thinking this was the quartet to beat. 

Tim Homfray, The Strad, Février 2012 (à propos du Concours de Genève 2011)